France

Des gendarmes à Sainte-Soline ont eu des comportements jugés non réglementaires par le ministre

Le 25 mars 2023, lors de la manifestation contre le chantier de mégabassine à Sainte-Soline, des gendarmes mobiles ont été filmés par leurs propres caméras-piétons, révélant des comportements et propos alarmants. Certains agents, oubliant la présence de ces dispositifs, se sont laissés aller à des insultes explicites, telles que : « Dans ta gueule fils de pute !… Merde, ça filme… »

Ces enregistrements, désormais intégrés à l’enquête judiciaire supervisée par le parquet de Rennes, ont été consultés par Mediapart et Libération. Les extraits publiés le 5 novembre exposent une série de dérapages inquiétants : instructions contraires à la réglementation, usage risqué des armes, et propos injurieux. La journée s’est soldée par un bilan lourd : environ 200 manifestants et 45 gendarmes blessés.

Les vidéos mettent en lumière la pratique répétée de tirs tendus avec des lance-grenades. Plutôt que d’adopter la trajectoire réglementaire à 45 degrés, les gendarmes ont effectué des tirs horizontaux, augmentant considérablement le risque de blessures graves. Selon l’analyse des journalistes, cette consigne dangereuse a été donnée par des gradés dans neuf des quinze escadrons présents sur le terrain.

Violence policière et manquements réglementaires à Sainte-Soline

Les images révèlent une gestion du maintien de l’ordre marquée par de multiples infractions aux protocoles en vigueur. Les instructions illégales, captées en temps réel, illustrent une rupture manifeste avec les principes de proportionnalité et de sécurité attendus lors de telles opérations. La diffusion de ces séquences a provoqué une onde de choc parmi les observateurs avertis du maintien de l’ordre.

Les conséquences de ces agissements sont d’autant plus préoccupantes que la gravité des blessures recensées ce jour-là témoigne d’un usage disproportionné de la force. La publication de ces extraits vidéo par la presse spécialisée alimente le débat sur la responsabilité des forces de l’ordre et la nécessité d’un contrôle accru lors des interventions à haut risque.

Enquête judiciaire et réactions institutionnelles face aux dérives

L’enquête menée par le parquet de Rennes devra déterminer l’étendue des responsabilités individuelles et hiérarchiques. Les éléments vidéo constituent des preuves directes des écarts de conduite, rendant difficile toute contestation des faits. La question de la formation et de la supervision des escadrons engagés se pose désormais avec acuité.

La publication de ces images a également relancé les interrogations sur la doctrine d’emploi des armes non létales et sur la chaîne de commandement lors des opérations de maintien de l’ordre. Les experts s’accordent à souligner la nécessité d’une refonte des pratiques et d’une transparence accrue dans la gestion des manifestations à risque élevé.

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