France

Les députés suppriment l’article liminaire du budget de la sécurité sociale, tableau écarté

Le débat budgétaire s’intensifie à l’Assemblée nationale, où les députés poursuivent l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ce mercredi 5 novembre, la tension monte autour d’un texte qui cristallise les clivages, notamment en raison de la suspension de la réforme des retraites et d’autres mesures jugées explosives par plusieurs groupes parlementaires.

En ouverture des discussions, un coup de théâtre : l’article liminaire, qui présente le tableau obligatoire des prévisions de dépenses et de recettes pour 2025 et 2026, a été supprimé. Ce vote, hautement symbolique et politique, a révélé des fractures nettes. Le Rassemblement national, La France insoumise, les ciottistes et les communistes ont uni leurs voix pour l’éliminer. Les socialistes, eux, ont majoritairement défendu son maintien, tandis que les écologistes ont choisi l’abstention.

Dans l’hémicycle, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a mis en garde contre tout relâchement budgétaire. « Sans maîtrise, le système finirait par se consumer de lui-même », a-t-elle martelé devant le Premier ministre Sébastien Lecornu, appelant à un « effort collectif ». Le gouvernement vise une réduction drastique du déficit de la Sécurité sociale, ambitionnant de le ramener à 17,5 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards cette année.

Budget de la Sécurité sociale : tensions politiques et perspectives de compromis

La gauche, vent debout, dénonce ce qu’elle qualifie de « musée des horreurs », tandis que le Rassemblement national fustige un « copier-coller mal fagoté » d’un ancien projet porté par François Bayrou. Ces critiques soulignent la profondeur des désaccords sur la trajectoire budgétaire et les choix politiques opérés.

Pourtant, l’exécutif tente d’apaiser les tensions. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a affirmé mardi lors des questions au gouvernement : « Nous serons très ouverts pour accompagner les mesures justes, proportionnées et efficaces ». Elle insiste sur la nécessité de consensus : « À la fin, nous pouvons y arriver si tout le monde veut y arriver ».

Contrôle des finances sociales et initiatives parlementaires

Le Rassemblement national, de son côté, entend renforcer la surveillance des finances sociales. Joëlle Mélin, députée des Bouches-du-Rhône, a annoncé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. « Il faut contrôler les dépenses et les recettes, mais il faut aussi, et il est grand temps de le faire, contrôler les flux financiers et la gestion interne de la Sécurité sociale. Cela n’a jamais été fait », a-t-elle déclaré lors des débats.

La bataille autour du budget de la Sécurité sociale s’annonce donc âpre, entre volonté gouvernementale de redresser les comptes et contestations multiples sur la méthode et les priorités. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du système, alors que chaque camp affine sa stratégie et ses arguments.

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