Au cours du 64e jour de son procès devant la cour d’assises du Doubs, Frédéric Péchier fait face à des accusations graves. L’ancien anesthésiste est poursuivi pour trente empoisonnements présumés, dont douze auraient entraîné la mort de patients. Les faits reprochés s’échelonnent entre 2008 et 2017 dans deux établissements de soins privés situés à Besançon. Le ministère public a formulé une demande de peine extrêmement sévère lors de ses réquisitions.
Les deux procuratrices ont sollicité l’application de la perpétuité criminelle contre l’accusé, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux années. L’avocate générale Christine de Curraize a justifié cette requête en soulignant le caractère pervers des infractions commises. Elle a insisté sur la nature calculée et médiatisée de ces actes, qui auraient visé à tromper systématiquement l’entourage médical et les victimes.
Le procureur a qualifié Péchier de figure criminelle majeure du système judiciaire français. Selon les poursuites, l’prévenu aurait provoqué délibérément la mort de douze personnes tout en mettant en danger la vie de dix-huit autres. L’impact catastrophique de ces actions justifie, selon l’accusation, le recours à la sanction la plus importante prévue par le code pénal.
Malgré les preuves présentées et ses propres admissions partielles, l’ancien médecin maintient son innocence. Bien qu’il ait reconnu avoir empoisonné douze patients, Péchier a systématiquement nié toute culpabilité plus large. Lors d’un interrogatoire datant du vingt-sept novembre, il a fermement déclaré ne pas être un empoisonneur, créant une contradiction apparente avec ses précédentes déclarations.
Les arguments de la défense n’ont pas emporté l’adhésion des représentants de l’accusation publique. Cette phase du procès marque un tournant significatif, avec la formulation officielle des demandes de sanctions par le parquet. La question du verdict appartient désormais aux magistrats de la cour d’assises.











