Deux adjointes administratives du tribunal judiciaire de Marseille, âgées de 24 et 26 ans, font l’objet d’une mise en examen depuis le 5 décembre pour accès illégal à des fichiers sensibles relatifs aux enquêtes de narcotrafic. Le parquet de Marseille a confirmé ces poursuites révélées initialement par la presse.
La première agente est soupçonnée d’avoir consulté de manière répétée, entre janvier 2023 et juillet 2025, des dossiers professionnels auxquels elle avait légalement accès. Elle aurait communiqué ces informations à son compagnon impliqué dans des affaires de stupéfiants. Mise sous contrôle judiciaire, elle ne peut plus accéder aux fichiers du tribunal.
La deuxième agente aurait procédé à environ cinquante consultations illégales en 2024 et 2025, portant notamment sur des dossiers d’homicides. Elle aurait divulgué des informations à son ex-compagnon, lié à la DZ Mafia. Le parquet soupçonne aussi le versement de sommes d’argent et l’octroi d’avantages matériels en contrepartie de ces révélations.
Les investigations ont révélé que dix-huit virements suspects d’un total de 3 600 euros ont été tracés sur le compte de cette agente. Les enquêteurs ont également détecté des accès à des logiciels sensibles comme Cassiopée, Genesis et Romeo, permettant de consulter les mandats de recherche, les cibles des enquêtes et les lignes téléphoniques sous écoute.
L’ex-petit ami de l’agente est présenté comme proche de Mehdi Laribi, surnommé « Tic », réputé diriger la DZ Mafia selon la police judiciaire. Des liens le lient également à un trafiquant en fuite suite à une évasion. Son beau-frère a été placé en garde à vue en avril 2025 dans une affaire de point de deal.
Les deux agentes font face à plusieurs chef d’accusation incluant l’abus d’accès à des données personnelles, la violation du secret professionnel et la révélation d’informations d’enquête. Des mesures de contrôle judiciaire les privent d’accès aux institutions judiciaires et de sécurité. Le parquet a formé appel contre certaines décisions.
Cette affaire représente le premier dossier ayant conduit à des mises en examen par la cellule anticorruption du parquet de Marseille, créée en octobre. Cette entité traite actuellement dix-huit dossiers visant à centraliser les procédures de corruption impliquant policiers, gendarmes, douaniers, personnel pénitentiaire et judiciaire.
Ces poursuites interviennent quelques mois après l’incarcération d’une greffière du même tribunal pour consultations illégales de dossiers sensibles transmis à un compagnon reconnu comme l’un des plus importants trafiquants de drogue de Marseille.











