Chaque année en France, mille sportifs meurent pendant une activité physique, avec la course à pied responsable d’un quart de ces décès. Des cardiologues français lancent une enquête pour comprendre ces tragédies soudaines, particulièrement chez les jeunes coureurs en excellente santé apparente.
Un coureur alsacien de vingt-sept ans s’est effondré à cent mètres de la ligne d’arrivée du marathon Nice-Cannes en novembre. Malgré l’intervention rapide des secours, son arrêt cardiaque s’avéra fatal. Cet événement dramatique illustre une réalité troublante : quarante pour cent des arrêts cardiaques chez les jeunes restent inexpliqués malgré les examens médicaux conventionnels.
Le professeur François Carré a lancé le programme Résoudre en février avec le soutien de plus de vingt hôpitaux français. Ce projet vise à identifier les causes génétiques et toxicologiques derrière ces décès inexplicables. L’électrocardiogramme détecte quatre-vingt-cinq pour cent des maladies cardiovasculaires, selon Carré, qui préconise un dépistage systématique chez tous les jeunes avant la compétition.
Alice, une infirmière de vingt-trois ans, a failli mourir lors d’une course de vingt kilomètres. Son cœur s’arrêta à cinq cents mètres de l’arrivée, sans avertissement préalable. L’hospitalisation révéla le syndrome de Brugada, une maladie génétique provoquant des troubles du rythme cardiaque héréditaires, que ni l’électrocardiogramme ni les tests d’effort n’avaient détectés auparavant.
Quatre-vingt-quinze pour cent des arrêts cardiaques à l’effort touchent les hommes, selon le Centre d’expertise mort subite. Le professeur Xavier Jouven propose une explication : les hommes augmentent leur vitesse de deux kilomètres par heure dans les derniers hectomètres, contre un seul pour les femmes, selon une analyse de quatre cent mille coureurs parisiens entre 2013 et 2024.
Le programme Résoudre propose des bilans génétiques complets et toxicologiques systématiques, jamais réalisés auparavant chez les sportifs. Les résultats arriveront dans deux ans. L’objectif consiste à répondre aux familles endeuillées et à identifier les membres de la famille à risque pour une prévention précoce.
Les cardiologues rejettent fermement l’arrêt de la course à pied. La sédentarité tue beaucoup plus que l’activité sportive. Même une personne ayant survécu à un infarctus peut participer aux Jeux olympiques. La pratique régulière du sport prolonge l’espérance de vie jusqu’à six ans, affirme le professeur Carré, malgré les risques exceptionnels documentés.











