Le typhon Kalmaegi continue de semer la désolation aux Philippines, où le dernier bilan officiel fait état de 140 morts et 127 disparus. Depuis lundi, l’archipel subit des rafales atteignant 195 km/h et des pluies diluviennes, provoquant glissements de terrain, coulées de boue et inondations massives. Les infrastructures et les habitations sont lourdement endommagées sur l’ensemble du territoire.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le président Ferdinand Marcos Junior a proclamé l’état de catastrophe nationale. Cette mesure d’urgence permet de débloquer rapidement des fonds pour l’aide humanitaire et d’imposer un plafonnement des prix sur les biens essentiels. Les autorités tentent d’organiser la riposte alors que les besoins explosent dans les zones sinistrées.
Typhon Kalmaegi : près de deux millions de sinistrés, déplacements massifs
Le Bureau de la défense civile recense près de deux millions de personnes affectées par le passage du cyclone. Plus de 560 000 habitants ont dû quitter leur domicile, dont 450 000 réfugiés dans des centres d’accueil d’urgence. La pression sur les services de secours atteint un niveau critique, alors que les opérations d’évacuation se poursuivent dans des conditions extrêmes.
Parmi les victimes, six militaires ont péri mardi dans un crash d’hélicoptère survenu dans la province d’Agusan del Sur. L’appareil, mobilisé pour acheminer de l’aide humanitaire vers les régions les plus touchées, s’est écrasé alors qu’il était en mission. L’armée n’a pas communiqué sur les causes de l’accident.
Cebu, épicentre du désastre : inondations, victimes et chaos
La province de Cebu, au centre de l’archipel, paie un lourd tribut. Les crues ont submergé des quartiers entiers, forçant des habitants à se réfugier sur les toits en attendant les secours. Le Bureau de la défense civile dénombre au moins 71 morts, principalement par noyade, 65 disparus et 69 blessés dans la région.
« Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour le typhon, mais vous savez, il y a vraiment des choses inattendues comme des inondations soudaines », a déclaré Pamela Baricuatro, gouverneure de Cebu. Selon elle, l’exploitation intensive des carrières, qui a obstrué les rivières, aurait aggravé la catastrophe.
La situation à Cebu est d’autant plus dramatique que la province se remet à peine d’un séisme de magnitude 6,9 survenu le 30 septembre. Ce tremblement de terre avait déjà causé la mort d’au moins 79 personnes et déplacé des milliers d’habitants, dont les maisons se sont effondrées ou ont été gravement endommagées.
Vulnérabilité chronique face aux catastrophes naturelles aux Philippines
Chaque année, une vingtaine de typhons et tempêtes frappent les Philippines, exposant la population à des risques constants. Le pays figure parmi les plus vulnérables au monde en raison de la fréquence des séismes et de l’activité volcanique. Les autorités redoutent déjà l’arrivée d’un nouveau cyclone tropical, susceptible de se transformer en super typhon et de toucher le nord du pays dès la semaine prochaine.











