Rob Jetten, leader du Parti des réformateurs (D66), a enclenché mardi 4 novembre une dynamique décisive dans la course à la formation du prochain gouvernement néerlandais. À 38 ans, ce centriste a créé la surprise lors des législatives, devançant d’une courte tête Geert Wilders, figure de l’extrême droite.
Avec moins de 30 000 voix d’écart, la victoire de Jetten s’inscrit dans l’histoire politique des Pays-Bas. Il s’apprête à devenir le plus jeune chef de gouvernement du pays, et le premier Premier ministre ouvertement homosexuel de l’Union européenne parmi les grandes économies.
Geert Wilders, après avoir relayé sur les réseaux sociaux des accusations infondées d’irrégularités, a finalement reconnu sa défaite mardi. Face à la presse, il a admis : « Il y a peu de chances que cela change. J’ai donc félicité M. Jetten pour sa victoire », tout en attendant la proclamation officielle des résultats prévue vendredi.
Coalition gouvernementale et fragmentation politique néerlandaise
La victoire du D66 ne garantit pas la stabilité : aucun parti n’a obtenu la majorité absolue au Parlement, composé de 150 sièges. La fragmentation extrême du paysage politique impose la construction d’une large coalition, seule voie pour atteindre les 76 sièges nécessaires. Rob Jetten privilégie une alliance transpartisane pour assurer la gouvernabilité.
Un scénario évoqué réunit le D66 (26 sièges), le CDA (18), le VVD (22) et l’alliance GroenLinks-PvdA (20). Mais la coopération entre le VVD et GroenLinks-PvdA s’annonce complexe. Dilan Yesilgoz, cheffe des libéraux, a tranché : « Aucune chance » que ces deux formations siègent ensemble au gouvernement.
Conformément à la tradition néerlandaise, le vainqueur des élections désigne un « éclaireur » chargé d’explorer les possibilités de coalition. Rob Jetten a choisi Wouter Koolmees, actuel dirigeant de la société ferroviaire nationale NS et habitué de ce rôle pour le D66. « M. Koolmees possède une vaste expérience à La Haye, en tant que député et ministre. Il a également participé à la formation de précédents gouvernements et sait rassembler la gauche et la droite », a souligné Jetten devant les journalistes.
Processus de négociation et enjeux pour la stabilité politique
La mission de l’éclaireur précède l’ouverture des négociations formelles. Wouter Koolmees doit remettre son rapport le 11 novembre. Le Parlement, fraîchement renouvelé, se réunira alors pour débattre des options de coalition et fixer la feuille de route. Rob Jetten insiste : « Je pense qu’il est important d’avoir un gouvernement stable et ambitieux ».
En attendant la conclusion des tractations, le cabinet sortant de Dick Schoof expédie les affaires courantes. Schoof prévoit d’assurer la transition jusqu’à Noël, mais Jetten presse ses partenaires : il n’y a, selon lui, « pas de temps à perdre » pour installer une nouvelle équipe gouvernementale.











