L’armée israélienne vient de franchir un nouveau cap dans la gestion de ses risques technologiques. Désormais, les officiers ne pourront plus utiliser de véhicules chinois à proximité des infrastructures jugées sensibles. Cette mesure radicale vise à prévenir toute fuite de données vers Pékin, alors que la sécurité numérique devient un enjeu stratégique majeur.
Au total, 600 véhicules de fonction sont concernés par cette interdiction. Ces voitures, issues du constructeur chinois Chery, seront progressivement remplacées par des modèles japonais. Cette décision s’inscrit dans une dynamique de méfiance croissante envers les technologies connectées d’origine étrangère, perçues comme des vecteurs potentiels d’espionnage.
Depuis trois ans, les Chery Tiggo 8 équipaient les officiers israéliens. Pour limiter les risques, leurs systèmes multimédias avaient été « stérilisés » afin de bloquer toute transmission externe de données. Mais l’état-major a fini par admettre que cette précaution ne garantissait pas une sécurité absolue. La possibilité d’une collecte furtive d’informations n’a jamais pu être totalement écartée.
Véhicules connectés et enjeux de cybersécurité en Israël
La généralisation des voitures connectées complexifie la gestion des risques. Caméras, capteurs, et connexions cellulaires équipent désormais la majorité des véhicules neufs, offrant des services avancés mais exposant aussi à de nouvelles vulnérabilités. Les constructeurs chinois, soumis à la réglementation européenne, sont censés héberger les données collectées sur des serveurs européens. Pourtant, le contrôle effectif de ces flux reste difficile à assurer, alimentant la défiance.
Selon le quotidien Haaretz, l’armée israélienne redoute moins une collecte massive et systématique de données qu’une intrusion ciblée. L’inquiétude porte sur l’activation à distance de microphones ou de caméras embarqués, susceptibles de capter des informations sensibles à l’insu des utilisateurs.
Mesures internationales contre les véhicules chinois et américains
Israël n’est pas un cas isolé. Le Royaume-Uni a déjà interdit la présence de véhicules chinois sur ses bases militaires, invoquant les mêmes préoccupations de cybersécurité. À l’inverse, la Chine applique une politique similaire en bannissant les Tesla américaines de ses sites stratégiques. La méfiance technologique s’installe comme une norme dans la gestion des installations sensibles à l’échelle mondiale.
Cette succession de mesures illustre la montée en puissance des enjeux de cybersécurité dans le secteur automobile. Les véhicules connectés, loin d’être de simples moyens de transport, deviennent des points d’accès potentiels à des informations critiques, bouleversant les équilibres traditionnels de la sécurité nationale.











