Le secteur automobile sud-américain connaît une accélération stratégique majeure. Renault et Geely, déjà alliés sur les motorisations thermiques et actifs en Corée du Sud, franchissent une nouvelle étape avec un accord structurant au Brésil. Ce marché, qui concentre plus de 40 % des immatriculations en Amérique latine, devient le théâtre d’une alliance à fort potentiel.
Annoncé ce lundi 3 novembre, le partenariat s’articule autour d’une prise de participation significative de Geely. Le constructeur chinois s’invite à hauteur de 26,4 % dans la filiale brésilienne de Renault. Le montant de la transaction reste confidentiel, mais l’impact industriel est immédiat : Geely obtient un accès direct à l’usine et au centre d’ingénierie de São José dos Pinhais, dans la région de Curitiba, au sud du pays.
Ce site stratégique permettra à Geely d’assembler ses propres véhicules sur le sol brésilien. L’entreprise bénéficiera également de la puissance du réseau commercial de Renault, fort de 250 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire national. Cette synergie logistique et commerciale ouvre à Geely des perspectives inédites sur le marché local.
Plateforme multi-énergie et ambitions de Renault au Brésil
En contrepartie, Geely met à disposition de Renault une plateforme multi-énergie de dernière génération. Cette technologie polyvalente autorise la production de modèles électriques, hybrides ou thermiques sur une même chaîne. Un atout décisif pour répondre à la mutation rapide de la demande automobile au Brésil et en Amérique latine.
Renault affiche clairement ses ambitions. L’objectif est de renforcer la présence du groupe sur le principal marché de la région. Actuellement à 5 % de parts de marché, le constructeur français vise un doublement de cette proportion dans les cinq prochaines années. La stratégie s’inscrit dans une logique de conquête et de diversification accélérée.
Perspectives régionales et ouverture à de nouveaux partenariats
L’accord avec Geely pourrait n’être qu’une première étape. Renault confirme l’ouverture de discussions avec un autre acteur chinois, Chery, en vue de partenariats en Argentine et en Colombie. La dynamique de coopération sino-française s’étend ainsi à l’ensemble du continent sud-américain, dans un contexte de mutation profonde du secteur.
Cette alliance intervient alors que les ventes mondiales de véhicules électriques, tirées par la Chine, poursuivent leur progression rapide. Le Brésil, grâce à ces nouvelles synergies industrielles et commerciales, pourrait devenir un laboratoire majeur de l’innovation automobile pour la région.




