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Iran : le bilan des exécutions dépasse la barre des 840 personnes depuis le début de l’année

Aliou Sembène

Le bilan des exécutions en Iran fait réagir la communauté internationale. Depuis le début de l’année, au moins 841 personnes ont été exécutées, une information récemment confirmée par les Nations Unies lors d’une conférence à Genève.

Selon le bureau des droits de l’homme de l’ONU, l’Iran connaît une “augmentation majeure des exécutions au cours du premier semestre 2025”. Le manque de transparence dans la communication des autorités iraniennes laisse planer l’incertitude sur l’ampleur exacte de la situation.

La porte-parole Ravina Shamdasani a souligné à ce sujet : “La situation réelle pourrait être différente. Elle pourrait être pire, compte tenu du manque de transparence”. Cette déclaration met en lumière l’opacité entourant le recours à la peine capitale dans le pays.

D’après les chiffres avancés, le mois de juillet a été particulièrement marqué par une intensification des exécutions, avec au moins 110 personnes exécutées, soit le double du nombre enregistré à la même période l’année précédente.

Ravina Shamdasani a également mis en exergue la dimension ciblée de ces mesures, dénonçant “un schéma systématique d’utilisation de la peine de mort comme outil d’intimidation d’Etat, avec une focalisation disproportionnée sur les minorités ethniques et les migrants”.

Les exécutions publiques, toujours pratiquées dans plusieurs régions d’Iran, suscitent une vive indignation. “Les exécutions publiques ajoutent une couche supplémentaire d’indignation à la dignité humaine, non seulement à la dignité des personnes concernées, celles qui sont exécutées, mais aussi à celles de tous ceux qui doivent en être témoins”, a affirmé la porte-parole.

Elle a insisté sur les conséquences psychologiques, notamment pour les plus jeunes : “Le traumatisme psychologique d’assister à une pendaison publique, en particulier pour les enfants, est inacceptable”, s’est-elle indignée.

Face à ces critiques, Téhéran a tenté de minimiser la portée du phénomène. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré que le pays “s’efforce” de “limiter l’usage [de la peine capitale] aux seuls crimes les plus graves”, une justification qui peine à convaincre les observateurs internationaux.

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