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Villeurbanne : ce que l’on sait sur l’homme de 27 ans qui a écopé de la prison ferme pour avoir brûlé un Coran devant une mosquée

Romain Mazzotti

Un homme âgé de 27 ans a été condamné à une peine d’un an de prison ferme, mercredi, par le tribunal correctionnel de Lyon, pour avoir incendié un exemplaire du Coran devant une mosquée de Villeurbanne au début du mois de juin.

Les faits s’étaient déroulés dans la nuit du 1er au 2 juin, peu avant la prière de l’aube. Il avait alors récupéré un Coran réservé aux fidèles de la mosquée Errahma et l’avait allumé à l’extérieur de l’édifice religieux.

Un témoin, présent sur les lieux, était intervenu rapidement pour éteindre le feu. Il avait aussi prévenu dès le lendemain les responsables de la mosquée, qui avaient décidé de déposer plainte auprès des autorités compétentes.

Grâce à l’analyse des images de vidéosurveillance, le suspect a pu être rapidement identifié puis interpellé. Il a été poursuivi pour « dégradation commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion ».

Lors de l’audience, le prévenu a expliqué ne pas être animé de haine envers les musulmans, mettant en avant ses troubles psychiatriques : « Je comprends que mon geste a été très grave », a-t-il déclaré. « Pour moi, c’était juste un livre, c’était pas contre les musulmans eux-mêmes. »

La procureure Hannah Tellier a insisté sur la nécessité de répondre à l’émotion suscitée dans la société après la « transgression » de l’accusé, estimant que son « discernement n’était qu’altéré » au moment des faits. Elle a également souligné « un risque de réitération majeur » et avait requis quinze mois de prison ferme.

Le président du tribunal a rappelé que le jeune homme avait déjà été condamné à trois reprises pour des faits de menaces, de violences liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, ainsi que pour vol. Il a aussi évoqué des propos « un petit peu ubuesques de xénophobie » tenus par le prévenu lors d’un précédent passage devant la justice.

L’incendie du Coran a suscité de vives réactions dans la communauté locale, plusieurs responsables religieux et élus dénonçant un acte « islamophobe », notamment lors d’une manifestation organisée en soutien à la mosquée.

L’avocat de l’association Errahma et du Conseil des mosquées du Rhône, Me Sefen Guezguez, a salué la décision de justice : « C’est une peine satisfaisante pour nous. Nous avons eu le sentiment d’avoir été pleinement entendus. »

En plus de sa condamnation à la prison ferme, le tribunal a prononcé une interdiction de deux ans pour le condamné d’apparaître à Villeurbanne.

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