Le tribunal de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire de Brandt le 11 décembre, mettant fin aux activités du dernier producteur français de gros électroménager. Cette décision laisse 700 salariés sans emploi et rejette un projet de reprise en coopérative que les employés avaient monté rapidement. Bien que les salariés affirment avoir réuni 20 à 25 millions d’euros, il leur en aurait manqué quatre millions pour concrétiser le sauvetage.
Les responsables politiques de tous bords ont exprimé leur indignation face à cette liquidation. Le maire d’Orléans a manifesté son mécontentement, tandis que des figures de gauche comme Mélenchon et Ruffin déplorent l’abandon de l’État face à la concurrence étrangère. Jordan Bardella y voit le symptôme d’un déclin industriel plus large affectant le territoire français.
Brandt avait déjà côtoyé le gouffre il y a dix ans. Le conglomérat algérien Cevita l’avait repris en 2014 avec soutien gouvernemental, préservant environ 1 200 emplois sur 1 800. Cependant, la restructuration a progressivement réduit les effectifs français sur les sites d’Orléans et Vendôme, avec délocalisation partielle en Algérie.
L’entreprise généraient 70% de ses revenus en France mais subissait les mêmes maux que l’industrie manufacturière nationale. Les ventes de gros électroménager ont baissé de 3,9% en 2024 après une diminution en 2023. Le petit électroménager progresse grâce aux friteuses à air, contrastant fortement avec ce déclin.
La concurrence chinoise intensifie les difficultés, les importations ayant augmenté de 18% en 2024 par rapport à 2023. Les fabricants chinois recourent à des prix de dumping tout en saturant les marchés, rend cette compétition quasi insurmontable. La crise du secteur immobilier aggrave aussi la situation, puisque acquisitions et déménagements stimulent habituellement les achats d’équipements domestiques.
Le pouvoir d’achat limité des consommateurs ralentit également les investissements dans ces produits onéreux. Le gros électroménager, classé parmi les biens durables comme l’automobile, dépend fortement des revenus disponibles. Confrontées à des restrictions budgétaires, les populations repoussent ces achats coûteux ou privilégient le marché d’occasion, réduisant encore la demande adressée aux fabricants.











