Une crise sanitaire divise les agriculteurs français face aux décisions gouvernementales d’abattage de troupeaux. Jeudi 11 décembre, le préfet ariégeois a ordonné l’euthanasie de plus de 200 bovins suite à la détection d’une dermatose nodulaire contagieuse dans l’exploitation des Bordes-sur-Arize. Les éleveurs des environs ont immédiatement organisé des barrages routiers avec tracteurs et obstacles pour empêcher l’accès à la ferme.
Le mouvement de protestation rassemble plusieurs centaines d’agriculteurs provenant de syndicats variés. Jérôme Bayle, représentant régional, dénonce la décision en demandant à la ministre de l’agriculture de reconsidérer sa position. Les propriétaires du troupeau rejettent catégoriquement l’abattage total de leurs animaux, cherchant des solutions alternatives.
Le préfet Hervé Brabant défend sa position en soulignant que l’abattage demeure l’unique solution efficace pour protéger le cheptel national. Il évoque les mesures sanitaires obligatoires tout en avertissant qu’il emploiera la fermeté si nécessaire. Jeudi matin, aucune force de l’ordre n’était déployée aux abords de la ferme, bloquant toujours l’accès des vétérinaires.
Les agriculteurs et leurs représentants ont proposé mercredi un protocole expérimental au gouvernement. Ce plan prévoit un abattage limité aux seuls bovins contaminés, un suivi sanitaire du reste du troupeau par tests PCR pendant quatre à six semaines, une vaccination intensive et une zone de protection réduite à cinq kilomètres. La réglementation actuelle impose une zone de 50 kilomètres interdisant ou restreignant les déplacements bovins.
Une situation similaire se dessine dans les Hautes-Pyrénées, où environ 20 bovins doivent être abattus vendredi à Luby-Betmont. Une dizaine d’éleveurs s’organisent pour bloquer les services vétérinaires. Lionel Candelon, président de la chambre d’agriculture du Gers, promet de maintenir les deux foyers de mobilisation jusqu’à faire céder le gouvernement.
La maladie a émergé en juin 2025 en Savoie et constitue le premier cas dans ces départements pyrénéens. Non transmissible à l’homme mais potentiellement mortelle pour les bovins, elle inquiète l’ensemble du secteur agricole. Le ministère maintient que la situation reste maîtrisée malgré la progression du virus.
Le gouvernement explore désormais la vaccination préventive du cheptel français, stratégie controversée qui divise les acteurs. Certains agriculteurs la considèrent comme la vraie alternative à l’abattage, tandis que la FNSEA redoute l’effondrement des exportations et des prix de vente. Cette divergence de positions complique la recherche de consensus.
Début novembre en Occitanie, environ cent manifestants avaient déjà tenté d’empêcher l’abattage de 80 bovins à Thuès-Entre-Valls. Les gendarmes les avaient dispersés avant l’intervention des vétérinaires. Les tensions s’intensifient donc dans les zones rurales touchées par la maladie, révélant un profond désaccord sur la gestion administrative de la crise.











