Les paramilitaires soudanais, engagés dans un conflit acharné contre l’armée nationale, ont annoncé jeudi 6 novembre leur acceptation d’une trêve humanitaire. Cette décision fait suite à la proposition du groupe de médiateurs international connu sous le nom de Quad, composé des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte.
Dans un communiqué officiel, les Forces de soutien rapide (FSR) ont confirmé leur « accord pour (…) la trêve humanitaire proposée par les pays du Quad, afin de faire face aux conséquences humanitaires catastrophiques de la guerre et de renforcer la protection des civils ». La trêve envisagée s’étendrait sur trois mois, selon les termes avancés par les médiateurs.
Depuis avril 2023, le Quad multiplie les initiatives pour obtenir un cessez-le-feu durable entre les deux camps. Malgré ces efforts, la situation sur le terrain reste explosive, chaque partie cherchant à consolider ses positions stratégiques.
Trêve humanitaire au Soudan : enjeux et réactions des parties
Les FSR, via leur canal Telegram, ont précisé qu’elles attendent désormais « de (…) commencer des discussions sur les arrangements pour la cessation des hostilités », tout en saluant les efforts diplomatiques déployés par les médiateurs internationaux. La perspective d’un dialogue direct semble s’ouvrir, mais l’incertitude demeure.
Le général Abdel-Fattah Al-Burhane, chef de l’armée soudanaise, a quant à lui maintenu une ligne dure. Il a affirmé que ses troupes poursuivaient leur mission pour « défaire l’ennemi et sécuriser l’État soudanais jusqu’à ses frontières ». Dans une allocution télévisée, il a déclaré : « Bientôt, nous vengerons ceux qui ont été tués et maltraités (…) dans toutes les régions attaquées par les rebelles. »
Suite à un sommet à Port-Soudan piloté par Washington, l’administration pro-armée a réitéré sa volonté de poursuivre les opérations militaires. Parallèlement, elle a présenté un plan visant à « faciliter l’accès à l’aide humanitaire » et à « restaurer la sécurité et la paix ».
Crise humanitaire et violences à El-Facher : alertes internationales
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un nouvel appel pressant aux belligérants pour qu’ils « viennent à la table des négociations » et « mettent fin à ce cauchemar de violence ». Le conflit, déclenché en 2023, a déjà causé des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, générant une crise humanitaire d’une ampleur inédite.
Des analyses d’images satellites réalisées par le laboratoire de l’université de Yale révèlent des « activités d’élimination des corps » à El-Facher, ville stratégique désormais sous contrôle des paramilitaires. Les traces relevées correspondent à des « fosses communes », selon les experts.
Depuis la prise d’El-Facher le 26 octobre, l’ONU recense des massacres, des viols, des pillages et des déplacements massifs. Des témoignages et vidéos diffusés par les FSR sur les réseaux sociaux documentent ces atrocités dans une région désormais isolée.
Combats au Darfour et Kordofan : situation sécuritaire critique
Le Humanitarian Research Lab (HRL) signale par ailleurs, sur la base de données aériennes récentes, qu’« un massacre est en cours sur le site de l’ancien hôpital » pour enfants à El-Facher. Les violences persistent dans la région du Darfour, mais les affrontements se concentrent désormais au Kordofan, zone clé reliant Khartoum, contrôlée par l’armée, au Darfour, bastion des paramilitaires.
Avec AFP











