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Mopti privée d’électricité depuis un mois à cause de l’embargo imposé par les jihadistes

À Mopti, cœur stratégique du Mali, la vie s’est figée depuis un mois. Plus d’électricité, plus de carburant : la ville, peuplée de plus de 560 000 habitants, subit de plein fouet l’embargo imposé sur les hydrocarbures par le Jnim, groupe affilié à al-Qaïda. Les attaques répétées contre les convois de camions-citernes ont provoqué une pénurie sans précédent. Le réseau électrique, déjà fragile, s’est effondré. Aujourd’hui, dans de nombreuses localités, le courant est inexistant.

Les conséquences sont immédiates et dramatiques. Les générateurs privés sont à l’arrêt, faute d’essence. Seuls quelques panneaux solaires permettent à l’hôpital de fonctionner partiellement, ou aux habitants de recharger sporadiquement leurs téléphones. La ville, autrefois animée, est plongée dans une obscurité totale. Les coupures, autrefois sporadiques, sont désormais permanentes.

Mohamed Sanous Nientao, figure locale et président de la section dissoute de l’UDD, témoigne depuis l’exil. En contact constant avec Mopti, il décrit une situation désespérée : « Depuis le 7 octobre, nous n’avons plus d’électricité, pas même une seconde. C’est le black out total. Pour les habitants, c’est catastrophique. »

Embargo, crise énergétique et isolement de Mopti

Sur le plan économique, l’activité s’est effondrée. « Sur le plan économique, il n’y a plus de travail, donc plus de revenus », déplore Mohamed Sanous Nientao. L’accès à l’eau devient également critique : « On a quelques heures de distribution d’eau à Mopti, mais on est aussi dans une difficulté très inquiétante sur le manque d’eau. » L’isolement s’accentue, la route vers Bamako étant désormais contrôlée par les groupes jihadistes. Le prix du billet d’autocar a explosé, rendant tout déplacement quasi impossible.

« Jamais on a vécu cela à Mopti. Nous sommes dans une situation intenable », insiste-t-il. La population, déjà éprouvée, se retrouve à quémander une simple heure d’électricité par jour. La crise humanitaire s’aggrave, l’accès aux biens essentiels se réduit chaque jour.

Appel à l’État malien et gestion de crise

Face à cette impasse, Mohamed Sanous Nientao interpelle les autorités de transition : « Nous avons ce problème d’accès à l’hydrocarbure, ils ne peuvent pas régler le problème du jour au lendemain. On est courageux à Mopti, mais on leur demande de nous donner de l’électricité une heure par jour. Le pays est attaqué par une force obscurantiste. Il faut faire bloc, mais pour pouvoir faire bloc, il faut au moins avoir de quoi manger, de quoi nourrir la famille. Nous sommes aujourd’hui dans une situation à quémander une heure d’électricité par jour ! »

En début de semaine, le général Assimi Goïta a tenté de rassurer la population. Il a affirmé que les autorités travaillaient à des solutions, tout en appelant à la solidarité nationale : « Certaines réponses doivent aussi venir des familles », a-t-il déclaré, exhortant les Maliens à limiter leurs déplacements, à rester unis et à ne pas céder à la panique.

Pénurie de carburant et conséquences économiques à Bamako

La capitale n’est pas épargnée. Le blocus impacte l’économie et le quotidien à Bamako, aggravant la crise nationale. La pénurie de carburant paralyse l’ensemble du pays, accentuant la vulnérabilité des populations face à l’insécurité et à la précarité.

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